Une approche basée sur les pratiques

Sachant que la sécularité peut se découper en trois segments : les principes, les politiques et les pratiques, Horizon Parrhésia choisit de se concentrer sur ses dernières afin d’avoir un véritable impact.

Les constitutions cantonales, fédérale et la convention des droits de l’homme européenne garantissent à chaque individu et collectif le droit de professer sa religion. Si ces droits fondamentaux font consensus, leurs applications peuvent créer des tensions, c’est pourquoi Horizon Parrhésia se spécialise sur la mise en pratique de ces droits. 

Les 3P de de la sécularité ₁ – Principes / Politiques / Pratiques

Les principes sont à comprendre comme les différentes idéologies qui cherchent à définir et décliner la sécularité. Ces différentes approches développent des perceptions et des compréhensions différentes de la problématique, se basant sur des courants idéologiques distincts (libéral, marxiste, nationaliste, féministe, etc.). C’est l’affirmation de ces doctrines qui crée un climat fortement polarisant où chaque partie cherche à imposer son point de vue. La liberté de pensée, pierre angulaire de nos sociétés démocratiques, garantit à chaque partie d’exprimer son point de vue créant une diversité qui contribue à la richesse du débat. A cet effet, plus que la volonté de vouloir aiguiller les pensées sur une voie particulière, il est important de pouvoir proposer une méthode qui englobe toutes les parties dans la recherche de la cohésion sociale.

Les politiques renvoient aux différentes dispositions prises par l’Etat pour encadrer les faits religieux, elles peuvent être constitutionnelles, législatives, judicaires, ou encore réglementaires. Les articles de la Constitution sont votés par le peuple, les lois par les différents parlements, la jurisprudence établie par les tribunaux, alors que les règlements sont rédigés par le pouvoir exécutif chargé d’appliquer les lois. Par ce fait, ces dispositions sont le reflet des forces (composition des parlements) en présence et sont le résultat du fonctionnement de nos institutions démocratiques. A nouveau, il est important de proposer une approche qui ne vienne pas bousculer ces mécanismes de régulations, mais qui puisse plutôt en faciliter le fonctionnement et s’assurant de leur équité.

Les pratiques se réfèrent aux aspects concrets de la cohabitation entre les communautés religieuses et la sphère publique, dont l’Etat à la responsabilité. Elles recèlent un rôle essentiel, car c’est justement à ce niveau que « la plupart des conflits autour de la religion et de la cohabitation des communautés religieuses sont déclenchés par des incidents associés aux aspects pratiques et visibles tels que les rituels et les symboles (vêtements, lieux de prière, etc.). »² Si les pratiques révèlent les problématiques, elles représentent également toutes les situations qui se déroulent bien et offrent ainsi une palette de compétences. Finalement, c’est à ce niveau qu’une action concertée peut avoir des répercussions tangibles pour la cohésion sociale globale.

 

₁ : L’idée des 3P émane d’échanges informels avec Philippe Gonzalez (UNIL)

₂ : Bitter Jean-Nicolas, Ullmann Angela. Gestion de la religion dans les conflits : l’approche suisse. Politique de Sécurité : analyse du CSS, juin 2018.